On nous assigna des noms pour incliner la nuque,
numéros nerveux, nervures numériques, nuées caduques.
Suites chiffrées sifflant sous la peau translucide,
chronométrant la chute, la rechute, la décrue acide.
Les gestes réglés, la chair dressée, sèche, à l’algèbre exacte de la docilité.
Très tôt, la peau sut se tenir droite.
Très tard, elle apprit à mettre des claques.
Chaque aurore nous vissons le masque conforme,
norme informe, forme énorme, visage hors norme.
Mais la nuit l’aliénation adhère, prolifère, macère et respire à travers nous comme une bête étrangère.
Les dispositifs parlent, palpitent, pilotent nos postures, dictent nos pensées, suturent nos ratures.
La pensée se plie en protocoles portables,
tableaux, variables, vocables comptables.
La dissidence se liquide, s’indexe, se lisse,
se dicte à échéance fixe, se dissout dans les notices.
Sous les paupières :
des diodes, des codes, des cadastres qui rôdent.
Quelque chose signait en nous.
Quelqu’un vivait à notre place.
Nous devînmes la fonction de notre propre retrait : agents élégants de l’effacement discret, mécanismes dociles, difficiles à défaire, dépositaires précis de la clef circulaire.
Et la serrure battait dans la poitrine,
rythme infime, rime intime, machine clandestine.
Quand l’élan surgit, il se répète, se déplie, se replie,
comme s’il se surveillait lui-même depuis l’intérieur du cri.
La chute devient chiffre, la fatigue combustible,
l’épuisement nourrit la ville comestible.
La crainte garantit la continuité,
la continuité garantit la crainte.
Dormir n’efface rien.
Les murs poursuivent le calcul.
Les angles mâchent nos noms.
Les plafonds respirent nos formules.
Mais hors syntaxe, hors service, hors usage,
quelque chose persiste dans les marges.
Non un cri,
une friction, une scansion, une contraction archaïque,
une pulsation compacte, antérieure à la logique.
Ça gratte derrière le front.
Ça cogne.
Ça fracture la surface des phrases.
Ça grogne.
Une fibre rétive résiste à la mise à jour,
un noyau noué, noueux, nocturne, sans détour.
Il pousse sous la langue,
il bat sous les nombres,
il cherche une sortie dans l’ombre.
Alors la sentence suinte et s’insinue :
l’aliénation n’est pas la perte, elle est la retenue.
Mémoire intacte de ce qui fut soustrait,
soustraction stricte, structure tenue.
Et cette mémoire,
dense, muette, serrée, sans transaction,
se lève dans la nuit des organes en insurrection,
ouvre des yeux sous la peau, sous la trame, sous la trêve,
et nous regarde vivre
comme un cauchemar qui rêve.
là je suis encore en train de penser à réduire
au maximum
alors qu’en fait
il faudrait que je m’investisse à fond
sans compter
changer de logique de faire ce qu’on fait en parallèle
si on veut que ça marche.
je pense que ça pourrait marcher.
surtout si vous aviez pris le temps de vous dire que ce que vous avez choisi de faire ce que vous faites en dit long sur les heures qui vous contraignent à rester aussi efficace.
c’est ce qui plait aussi,
que ça vous plaise
peut faire une grosse différence.
Ça vous plait ? Je pense que ça plait.
autrement dit s’aliéner à un moment pour aspirer à faire plus ce qu’on peut faire quand on y pense si on avait le temps,
si seulement.
que le lundi ne soit pas juste un jour de plus de la semaine (le pire ?) après le jeudi ou le mardi, voire le mercredi en plein milieu,
parfois même le samedi aussi.
le samedi de la semaine suivante, qui suit la semaine d’après celle qui viendra jusqu’au mois prochain et ainsi de suite.
c’est déjà ça !
bon.
c’est tout un projet de vie.
dans ce cas vous diriez que
(1 vous êtes libre de vous sentir obligé de travailler
ou bien vous vous êtes mal habitué et vous restez le seul à pouvoir répondre à cette idée vu qu’on peut pas sentir pour vous ;
(2 vous êtes obligé de travailler ;
(3 vous travaillez mais pour être plus libre à l’avenir d’envisager d’avoir un peu plus le choix ou de ne pas y penser du tout si ça marche à fond.
dans le magasin quand on salue on doit dire bonjour et bienvenue mais on doit dire bonjourmadamebienvenue ou bien bonjourmonsieurbienvenu en tout cas quand on salue il faut dire qui on salue il faut dire bonjourmadame ou bonjourmonsieur mais il ne faut pas dire bonjour bonjourseulement ce n’est pas poli de dire bonjourseulement enfin c’est le monsieur sur le règlement qui l’a dit / on dit bonjour aux collègues / aux collègues on peut dire bonjourseulement mais aux client·es il faut dire bonjour madame ou bonjour monsieur parce que bonjourtoutseul c’est pas poli comme il a dit le bonjourmonsieurbienvenu sur le règlement / et si c’est pas une madame ou bien si c’est pas un monsieur même si on sait pas si c’est une madame ou un monsieur on dit bonjour mais bonjourseulement bonjourtoutseul bonjourpuisrien c’est pas autorisé alors si on dit bonjourpuisrien la manageuse elle vient nous voir et elle nous dit qu’on aurait dû dire bonjourmadamebienvenue ou bonjourmonsieurbienvenu et que d’avoir dit bonjourpuisrien ça nuit à l’image du magasin et l’image du magasin c’est important c’est plus important / c’est le plus important pour le magasin /